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Direction Générale des Infrastructures

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Le retour du Bouddha à Mariemont

03.10.2010 08:45 Il y a : 9 yrs

Le retour du Bouddha à Mariemont


Musée royal de Mariemont

Photos : M. Lechien

Le 30 septembre 2010 a été un grand jour pour le Musée de Mariemont : la statue en bronze du Bouddha Amida a enfin repris sa place dans le parc du domaine. Après une restauration complète et parsemée d'embûches, la statue est de retour et installée dans un nouvel écrin.

Ce Grand Bouddha (Daibutsu) est un bronze japonais monumental, commandé par Raoul Warocqué lors de son voyage en Extrême Orient en 1910, pour être installé dans le parc de son domaine de Mariemont. Cette œuvre monumentale de près de 4 m de hauteur, livrée en 1911, fut entourée de deux paires de lanternes en bronze également d’origine japonaise. Assis sur un trône de lotus, nimbé d’une large auréole, le Bouddha Amida unit ses deux mains en un « sceau » de méditation. Pour de nombreux visiteurs du domaine, l’Amida Butsu est rapidement devenu une œuvre emblématique de Mariemont.

La nature même de l'oeuvre, un Bouddha venu du Pays du Soleil Levant en ce début du 20e siècle, est en soi un bel objet pour notre imaginaire. Rajoutez à cela des problèmes à répétition pour sa rénovation, et nous voilà avec un sujet digne de Rascar Capac et de ses Boules de Cristal ! Il n'en fallait pas plus pour que certains commencent à parler de malédiction...

Une restauration longue et difficile

Installée à ses débuts face à l’entrée du château Warocqué, la statue fut déplacée à proximité de l’entrée du Musée édifié par Roger Bastin. Son état s’est malheureusement dégradé au cours des années. Hormis les intempéries, les dégradations avaient deux autres causes distinctes : une mauvaise qualité de la coulée originale pour laquelle le fondeur avait utilisé une quantité insuffisante de métal, ainsi que la présence d’une armature intérieure en fer fragile car incompatible avec le bronze de la statue. L’ensemble risquait donc de s’effondrer.

En 1991, le Bouddha fut transporté dans une fonderie d’art de Court-St-Etienne, en vue d’une prochaine restauration. Lors du sablage, les défauts de coulée et les manques de matière apparurent au grand jour. Suite à la défection de l’entreprise de fonderie d’art, le Bouddha fut à nouveau déplacé pour être mis à l’abri, dans l'entrepôt de la gare autoroutière à Houdeng-Goegnies.

Sur base d’une nouvelle étude réalisée par le fondeur Pierre Petit (Fonderie des deux Pierre à Seneffe), un nouvel appel d’offre est lancé début 2006. Le fondeur Gaëtan Debelle (Fonderie d’Art à Cambron-St-Vincent) le remporta. Le traitement de conservation a permis la mise en place d’une armature intérieure en inox, de combler les manques les plus importants dans le corps du Bouddha et enfin de remplacer à l’identique certains petits éléments manquants ou trop abîmés. Pour terminer, une patine a été appliquée sur l’ensemble de la statue et de son socle, puis une cire microcristalline qui aidera le métal à résister aux intempéries comme à la pollution atmosphérique.

Le réaménagement du site et un nouvel écrin pour le Bouddha
Dans un même temps, une étude a été réalisée en vue de réaménager l’emplacement du Bouddha dans le parc. Elle devait répondre à plusieurs critères tant de conservation que de présentation. Le socle en pierre et maçonnerie a ainsi été transformé afin d’y aménager une chambre de visite permettant de contrôler régulièrement l’état de l’intérieur de la statue. La mise en place d’un abri protégeant la statue des pluies et des vents dominants semblait également nécessaire. Un concours d’idées à l’intention des jeunes architectes a été lancé en 2007 par la Direction des Infrastructures culturelles en association avec le Musée. Il a été remporté par Aurore Géradon et Audrey Rasquinet, avec le projet d'une structure sobre en acier Corten qui s’intègre parfaitement dans la végétation du parc.

Les abords du site ont également été repensés. Le Ministère de la Région wallonne, gestionnaire du parc, a établi un projet de plantations appropriées qui seront installées dès cet automne. Des prunus à la floraison précoce, des azalées taillées en vagues et des érables dont le feuillage prend à l’automne une teinte d’un rouge profond créeront bientôt autour du Bienheureux un écran végétal variant au cours des saisons. La réhabilitation complète du site se poursuivra ensuite avec la restauration des lanternes en bronze et en pierre, prévue pour l’an prochain.

http://www.musee-mariemont.be/